Poesies et Contes par Yves Le Car

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LA CRISE SUR LE BATEAU

Le seul sujet , ou plutôt le seul objet, qui puisse détrôner le sport, autre outil de sophrologie collective, à la une, à la deux,à la trois ,de nos journaux locaux, ce sont les exploits, ou les exploitations, les explorations, les rations exponentielles, les expositions, les compositions, les impositions, les hyperscissions, les superstitions, les divagations... militaires.

Ca plaît. C'est du concret. C'est du chiffre. Puisqu'aujourd'hui, il faut faire du chiffre. Toutes les mensurations de la bête, toutes les performances, et le nombre de pantins qui vont avec la marchandise.

La marchandise en question, enfin non, même pas en question, si seulement elle était en question, mais la question ne se pose pas, elle serait plutôt là en réponse, sans qu'il y ait de question posée, la marchandise en photo sur la moitié de la page 2, c'est une espèce, a priori, de grosse planche, sur laquelle sont posés pas moins de quarante appareils.

Alors, quel genre d'appareils ?

Ca représente pas moins de quelques milliards : du Rafale ; du Super-Etendard ; une quarantaine de fois vingt tonnes ; et des lanceurs, et des missiles,et des radars, des détecteurs antiradars, des catapultes, des catastrophes en perspective, des cata-pas marrants du tout, pas marrants pour un sou,, pour un sous-marin, pour la faune sous-marine, terrestre ou aérienne. Aérienne que pourra, cette "merveille", cette saloperie, dont le journaliste local semble s'enorgueillir comme s'il en était lui-même propriétaire, comme un gamin qui vient de recevoir un joujou flambant neuf, et comme s'il s'agissait d'un bijou, d'un inoffensif véhicule, d'un diamant scintillant, d'une perle magique ; ce fleuron de la nationale marine n'est qu'un modeste porte-avions de plus de deux cent soixante mètres de long, apte à déplacer quarante mille six cent tonnes. Rien que ça !

 

L ' HELICE HELAS , C ' EST L' OS  !

 

Voyez donc où passe l'argent des contribuables. Des citoyens. Des votants. Des votanguerres !

A l'eau !

Une broutille à la mer !

La marine française... c'est un gouffre. Un puits sans fond . Un océan dans lequel se noient les économies des Français. Les icônes omis.

Hic innommable.

Et le hic, l'os, c'est précisément quand le bateau coule. Comme ce sous-marin dont étaient si fiers l'armée française et ses fans, ces profanes, ces prolos, ces protoures, ces profils promis au Prozac, ces robots adorateurs du drapeau.

Tellement bien formatés, bien fermentés, ces fans, sectaires spectateurs ou spectraux sectateurs, voyeurs à défaut d'être voyageurs, qu'ils seraient prêts à y aller d'un gros chèque pour sauver cette ruine qui les a tant ruinés en piochant dans leurs impôts ; imposante pieuvre ; oeuvre pis ; piteuse ; miteuse ; calamiteuse ; honteuse.

On te mène en bateau, sur un drôle de rafiot. On te mène en badaud, sur un mauvais radeau. On te mène à la maquette, à la magouille ; on explore les fonds, sans siphon ; les gens s'y font : le budget des Français - et ailleurs des ailleurais - passe dans ces gadgets , et l'on s'étonne après du prix de ces tonnes !

Que le bateau coule , sans voir que la canaille qui est au gouvernail tient le pompon, mené en bateau lui-même par d'autres pirates disparates, profiteurs sans frontières, navigant, trafiquant, sur terre, sur mer, surnuméraires,... cependant que les salaires s'alignent... au rez de chaussée ; au ras des marées, au plus bas niveau . Et vogue la galère... régale la galerie ... garant de la galette... ou du gâteau.

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