Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

P’TIT LOUIS ( texte igurant sur le CD pacifiste)

 

En hommage à LOUIS LECOIN qui lutta toute sa vie d'anarchiste contre l'armée et obtint, au prix d'une grêve de la faim de 22 jours, à 74 ans, le statut des 'Objecteurs de consience.Partisan du pacifisme intégral, donc du Désarmement Unilatéral de la France, dont l'Union Pacifiste a repris le flambeau,il représente pour moi,un modéle, une espèce de parrain tout comme Sébastien Faure,et Maurice Laisant, que je considère comme un père spirituel,auteur entre autres d'un poème sublime intitulé LE DRAPEAU que je me fais l'honneur d'interpréter à toute occasion lors de rencontres pacifistes ou anarchistes.

 

 

Il est loin ton pays, P'tit Louis.

Tu en as tracé les contours

Mais les cons tout court les contournent

de leur contondante

confondante

obsédante et redondante

raison du plus fort

du plus forcené

du plus fortuné

du plus fortement armé.

De leur raison à l'oraison

il n'y a toujours qu'un pas

cadencé

qu'un peuple

cadenassé

qu'on fait danser

qu'on feint de penser menacé

Aveuglé sans doute par le rouge sang

de leur drapeau

qui enveloppe dans de beaux draps

de beaux linceuls

ses proies

comme des taureaux dans l'arène

face aux torrents de leur haine.

 

De proie en proie

De croix en croix

la guerre de trop a toujours lieu

Guère d'endroits

où les guerres n'ont droit

de cité.

Guère d'endroits

où les sommités

en comités

ne se donnent le droit

d'inviter

d'inciter

d'exciter

de dompter

quantité de déshérités

guidés en vérité

par la cécité

aveuglés sans doute par le rouge vif

par le fil rouge

par le blanc-seing malsain

de leur drapeau

de leur appeau

par le bleu horizon de leur ligne des Vosges

DES FAUX-JEUX

faux-jetons

feuilleton

monotonitruand

récurrent

récupérant

dans leurs rangs aberrants

tous les errants

les indifférents les incohérents les quelconque errants

virtuels conquérants :

des maréchaux-ferrants se rêvant maréchaux

des généreux parents espérant généraux

leurs génies leurs héros

à l'orée de leur nid

des jeunots préférant à l'errance les rangs.

 

Il est loin ton pays P'tit Louis.

Tu en as tracé les contours

pas les frontières

les fronts d'hier

les fondrières

les poudrières

poudre hier...poudre oeillères...poudre aux aïeux...

pas les frontières que les trop fiers

protègent comme des truffières

comme des zones fruitières

productrices de pruneaux.

 

COMME EN 14 P'TIT LOUIS

Ils envoient à l'abattoir

les amateurs appâtés

par les menteurs patentés

et ils en trouvent encore des clients.

Clés en mains

mais enclins

en clin d'oeil pour oeil dent pour dent

en écueil pour deuil en chiendent

en cercueil pour seuil

sang pour sang.

Enclins à donner leur vie

à vendre leur peau douce avant de la voir muer

enclins à s'incliner

enclins à s'aligner

devant des saligauds sans jamais s'indigner

prêts à signer

à résidence

prêts à saigner

à l'évidence

prêts à échanger leur tenue de combat

contre un posthume quatre planches

que porteront fièrement les cadavres en sursis

du même régiment.

Des gosses de vingt ans s'engagent

poussés par le chômage

poussés par de faux mages

qui leur font miroiter un avenir...

DES VOYAGES...

L'aventure...

L'AVENTURE...

L'aventure n'est qu'en devanture.

Après la signature

c'est la vêture

et ils ont dur

et ils endurent

la vie dure

aux ordres des ordures

et ça dure

et ça dure...

jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Des gosses de vingt ans s'engagent

Des gosses de vingt ans en bavent

Des gosses de vingt ans en crêvent

Des gosses de huit ans

en rêvent...

Il n'y a plus d'objecteurs

Plus de que d'abjects tueurs.

 

Il est loin ton pays P'tit Louis

notre pays

celui qui n'a comme frontière

que le berceau et le cercueil

que le cerceau et le bercail

celui qui n'a comme police

que la conscience de soi, de l'autre

que les contraintes contenues

dans le mot Humanité

dans le mot Fraternité

dans le mot Solidarité

qui riment si bien

et s'arriment si bien

au mot ANARCHIE

Tout comme le mot Respect

rime avec le mot PAIX

qu'on ne trouve ni dans ARMEE

Ni dans Obéissance

l'obéissance qu'ils font rimer

après coup

avec réjouissance

réjouissance autour des cadavres

des tas d'oeuvres puériles

stériles

terribles

 

IL est loin ton pays P'tit Louis

celui qui s'appelle Planète

celui qu'au fil des jours

relayant ton parcours

nous tentons de bâtir

Il nous reste encore tant à faire :

tant de poèmes à écrire

de pains d'amitié à pétrir

de Marseillaises à déchirer

en confetti pour que la fête

ne rime plus avec défaite

ni gloire avec victoire

avec livres d'Histoire glorifiant l'abattoir

ni guerre avec rien d'autre

que guerre, et guerre , et guerre...

demain comme naguère

toujours recommencée

 

IL EST LOIN TON PAYS P'TIT LOUIS

 

NON IL EST LA

IL EST LA TON P.I. P'TIT LOUS

NOTRE P.I.

P COMME PACIFISME

I COMME INTEGRAL

 

 

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