Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

CONTE DE FEE...RALIES ( texte figurant sur le CD pacifiste)

Il arriva juste après la bataille.

Comme un car abîmé.

Mais il arriva ravi.

Affamé.

En ce lieu mal famé.

Assoiffé.

En cette plaine échevelée.

Livide.

Au milieu de tant de peine.

RAMPANT.

Comme il se doit lorsqu'à l'instar des êtres de son espèce

Des autres de son espace

On n' a ni bras ni jambes

Ni rien qui puisse faire penser à un humain

Sinon cette mobilité cette motilité

Cette apparente autant qu'étonnante agilité

Cette impressionnante obstination à vivre

A s'accrocher au moindre espoir de survie.

SURVIVRE.

Ne serait-ce qu'une saison

Sortir de ce carnage.

A la nage, s'il le faut.

DE CETTE MARE DE SANG.

De cette amarre puissante chamarrée amarante

Ce chambard pas marrant

NAVRANT !

N'ouvrant sur pas grand chose

N'offrant à l'horizon qu'horribles rhizomes

Rasés... déchiquetés...déchets gâtés....pâté de chair...humaine trop humaine.... trop puante

Hantise sottise sauteuse honteuse...

 

 

Il arriva juste après la bataille

La basse taille

La basse besogne

Juste après la battue la purée la curée la tuerie la turbulence la turpitude

Comme à son habitude

Comme un carabe igné.

Nul ne sut

Vu que nul n'était vivant

D'où il arrivait

D'où il sortait

Seul être encore animé dans ce décor laminé

Lamentable tableau

Invendable inventaire

Inimaginable machination... des nations...

Et lui seul y trouvait son compte

Son content

Son contexte préféré

De quoi se nourrir jusqu'à satiété

De quoi s'enivrer

De quoi se livrer à des orgies archi-fertiles festives intempestives intemporelles impériales

L' EMPIRE qui s'offrait à lui était sans égal

Un régal

LAMPYRE

C'était son nom : le nom que l'homme, ce partenaire,

Ce colocataire, ce colon, ce colosse, ce commensal, ce sale commis,

Lui avait donné

Mais il ne restait aussi loin qu'on eût pu voir à l'horizon

Nul homme

Nul vivant

Ainsi personne ne saurait dire comment ce lampyre

Ce ver luisant

Dans l'enfer gisant

Puisant son énergie sa vitalité

Parmi tous ces alités alignés entassés massés cassés dépecés désossés déchaussés désapés sapés râpés ratés rasés écrasés nécrosés éviscérés miserere enterrés entubés

Macchabées

Etait arrivé là

Car personne n'avait pu voir

Sur l'une des poitrines, ce qui fut une poitrine,

Une poitrine se soulevant souvent se baissant en un rythme sereinement régulier

Une poitrine sous laquelle un organe appelé coeur battait sa mesure, son tic tac, égrenait son éternité variable au gré des fantaisies et des caprices humains

Personne n'avait pu voir

Personne n'aurait pu voir

Cette espèce de gadget qui brillait de toute sa futilité

De toute sa nullité

De toute sa ridicule désuétude

Et que l'homme, la classe la plus élevée dit-on du règne animal

Appela médaille

Métal létal fatal fécal

 

 

En effet il était sorti de là

Juste après la bataille

Comme un carat minier

Et semblait, vivant contraste en ce gisant constat,

Heureux,

Si tant est qu'un invertébré puisse l'être

Mais qu'en sait-on ?

Il avait du pain sur la planche

Quoiqu'il n'y eût ni pain ni planche

Mais il allait pouvoir s'en donner à coeur joie

Nettoyer le terrain

Faire place nette

Terreauter la planète naguère terrorisée par les autorités, les hôtes abrités,

Les zozos militaires

Et il était heureux de trouver à si bon marché de quoi se nourrir

Et de quoi nourrir son milieu pendant toute sa vie et bien au-delà de sa courte vie

Il était heureux de régner sur cet empire

Le petit lampyre

L'heureux lampyre

L'heureux petit ver

L'heureux ver

L'heureux ver

L' HEUREUX VER... DE LA MEDAILLE

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