Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

simple reflexion

Aimé Césaire parlait de "millions d'hommes à qui on a inculqué la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme."

Comme Aimé Césaire, nous souhaitons, au 21° siècle, alors qu'une prétendue Europe devrait réunir les hommes plutôt que les diviser, les séparer, les cloisonner, réunir les êtres plutôt que les avoirs, nous souhaitons, nous aussi, que ces sentiments de peur, ces complexes d'infériorité (qui ne sont que le pendant de l'attitude d'une caste qui, sans complexe,continue de se croire supérieure),ces tremblements, ces agenouillements,ces désespoirs, cet ostracisme, cet ostensible racisme, ces humiliations, appartiennent au passé. Nous souhaiterions qu'elles n'appartiennent qu' au passé ! Mais comment faire table rase de ce passé honteux, de ce passé colonial, de ce passé xénophobe, de ce passé ignoble, indigne, inhumain, comment en faire table rase alors que des hommes politiques, des responsables politiques,des élus zélés, des représentants dupe -peuple,traitent de la même manière que celle dénoncée par le poète martiniquais, des êtres humains, des frères humains, des frères aux mains d'autres humains, des humains n'ayant commis d'autre crime - il doit en effet y avoir crime puisqu'on les punit, puisqu'on les bannit, puisqu'on les honnit ; puisque l'on punit, bannit, humilie , leur famille entière ; puisqu'on traumatise à vie leurs enfants, puisqu'on pousse à la peur, aux tremblements, au désespoir, au suicide, ces êtres humains, ces êtres humiliés, ces êtres par milliers, Césaires oubliés !!! - n'ayant commis d'autre crime que d'être nés ailleurs, ailleurs que dans cette zone phagocitée, squattée, confisquée, par ces zélés élus qui se l'approprient comme ils s'approprient les voix du peuple, comme ils s' approprient le peuple, peuple qu'ils prennent en otage, qu'ils fichent, qu'ils fliquent, qu'ils chiffrent, qu'ils avilissent, qu'ils maîtrisent, qu'ils méprisent, qu'ils soumettent à leurs quatre mille vélléités, à leurs mille et une nuisances, en leur inculquant la peur, la terreur, l'horreur, de l'autre, de l'hôte, de l'étranger, de l'être, du voisin,, du différent, de la cible qu'ils ont choisie comme bouc émissaire, proie si facile et si pratique pour pouvoir, eux, en toute impunité, en toute immunité, en toute légalité, - leur devise "des mots pratiques" - s'approprier le monde, avoir le monde à leurs pieds de nez, épier les pieds et les papiers de ce monde, de cette foule, qu'ils foulent, qu'ils saoûlent, qu'ils roulent, qu'ils coulent...

Non, Monsieur Césaire, non, Monsieur Fanon, non , Monsieur Glissant, non Monsieur... Hessel, non Messieurs, cette époque n'est pas révolue, n'est pas résolue, les "masques blancs " n'en ont pas fini de traquer les peaux noires, les peaux brunes, les peaux rouges, les paumés, les poteaux, les populos... et les frontières, les fronts d'hier, comme ceux d'aujourd'hui, n'en ont pas fini de mettre leurs bâtons, leurs matons, leurs pelotons dans les roues de la Fraternité, de l' Egalité, de la Liberté, de l'HUMANITE.

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