Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

RENE DUMONT : la colère de la raison.

S'il existe aujourd'hui plusieurs partis qui se réclament de l'écologie, ou plutôt s'il existe peu de partis qui ne s'en réclament pas, de bâbord à tribord, conscients de naviguer tous sur le même bateau mais peut-être pas tous avec la même boussole,certains montrant du doigt les icebergs là où d'autres ne voient que Holiday on ice, (ô nice !), si l'écologie est devenue un grand mot à la mode, entraînant les grands maux à l'amende, bref si le terme, aujourd'hui banalisé, a même acquis ses lettres de noblesse, siégeant ( j'allais écrire singeant) au sein ( j'allais écrire au saint) d'un ministère dans tous les gouvernements ( successifs aux succès succincts ! ), si certains thèmes occupent aujourd'hui le devant de la scène, comme la couche d'ozone, l'effet de serre, la nécessité de réduire l'automobile et toute forme de pollution (enfin presque, l'aviation, l'aberration, l'hyperaction, l'incubation, l'occupation, occulte passion, l'incessante session, l'inconséquente obsession militaro-mortifère ne sont pas encore remis en cause !), la planète en danger, si l'on parle quotidiennement d'écologie comme d'éducation, de sécurité, de justice, etc, c'est grâce, notamment et notablement, à un bonhomme assez particulier qui se déplaçait à vélo ( avé l'eau même !) et qui, en 1974, a fait remuer quelques consciences, provoqué quelques sourires, déclenché quelques combats, en se présentant à cette espèce de loterie nationale que l'on appelle plus communément, élection présidentielle.

 

LE PULL AU VERT ROUGE

 Rien que ça ! il visait la présidence de la république. Pas pour être élu, NON ; POUR ETRE LU . Entendu. Le pouvoir n'était pas sa quête. Il n'avait choisi cette voie que pour tirer une sonnette d'alarme, face aux sornettes d'alors, pour élire l'écologie au rang des sujets importants, au rang des priorités.

Bien sûr avant Dumont, il y eut Reiser, Fournier, La Gueule Ouverte, le Sauvage. Plus avant encore, les trop peu connus et indispensables ouvrages de Reclus ( nommé à l'Elysée

sans être président). Reclus qui, à soixante-quatorze ans, se proclamait "doyen des étudiants", et chaque goutte d'eau, pour reprendre l'un des personnages principaux de ce géant géographe , a permis que le vase débordant (de vase !), René Dumont, entre autres, s'occupe de ramer sur ce fleuve en danger et d'amarrer sa bicyclette , en cette année 1974, à la Maison de la Radio, pour montrer son pull rouge et son verre d'eau aux électeurs pratiquants.

 Bien sûr pour les électeurs, les citoyens, les gens sensés, et censés posséder une conscience politique ( bien que conscience sans âme ne soit que ruine de la science), ça ne faisait pas sérieux cette espèce de vieux fou ( ou vieux sage, qui sait ? ), devançant de sept années un certain Coluche qui tenterait lui aussi une percée dans la politique pour interpeller sur les VRAIES valeurs, et les vrais candidats (avec un T oui), non pas candides loin de là mais capables de fermer les yeux sur les vrais problèmes eu égard aux véritables détenteurs de leur pouvoir ( le siège est confortable, il mérite bien en échange quelques "complots_missions) les vrais candidats donc eurent un peu de fil à retordre, mais question retors ils sont tous experts.

 Si je ne m'abuse, docteur, cette même année, un certain Aguigui, aguiguiché non par le pouvoir, mais par le mouvoir, haranguant la foule, foulant les hangars, frôlant les regards, dans les halls de gare, aguiguichets ouverts, un certain Mouna, faute de signatures, n'eut pas accès à ces tribunes, à ces turbines turbulentes. Si André Dupond ne put y butiner, René Dumont, pour revenir à nos mentors, y accéda, non à la présidence, mais à l'après silence, si dense... et c'est depuis ce temps, semble-til, que l'on parle d'écologie.

Tant mieux.

 Mais en parler n'est qu'une étape. Première étape vers les jactances de Monsieur Hulot , vers la grenaille de l'environnement, les mesures démesurément répressives ou encore le melting-pot pourri récupérant les chahuteurs, les radoteurs, les fâcheux et les faucheurs, les lécheurs et les lâcheurs.

 

AGRON' HOMME DE LA FAIM

 Né en 1904 , c'est en gamin de dix ans qu'il prend connaissance et conscience de la guerre, "mesurant" l'incommensurable bêtise militaire : " le 26 août, sur un trottoir proche de la gare d'Arras, que je peux encore reconnaître, je rencontre trois "territoriaux", soldats de retour de la bataille de Charleroi, où on leur avait demandé de charger "à la baïonnette" sur les mitrailleuses allemandes, qui les fauchaient comme des blés mûrs. Ils avaient tout jeté, armes et bagages. Soixante ans plus tard, je revois l'effroi qui se lisait encore, quatre ou cinq jours après, sur leur visage. Aux soldats de la coloniale, on avait même enlevé leurs cartouches, pour qu'ils n'aient point la tentation de se servir de leurs fusils : ils devaient embrocher l'ennemi à la baïonnette. ! Les pertes françaises d'août- septembre 1914 furent un multiple fort élevé des pertes allemandes de la même époque. Les généraux responsables de cette folie criminelle sont morts dans leur lit, et nous les avons même statufiés, à cheval, sur les places publiques."

Copyright "Yves Le Car", tous droits réservés