Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

MA CINQUANTAINE (et plus ...)

Ainsi ,depuis longtemps, vous m'aviez pris pour cible.

Je vous voyais de loin, si pâle et sans couleur,

Et puis vous arrivez soudain, comme une fleur,

Me touchant en plein coeur d'une flèche indicible

J'étais naïf sans doute à me croire invincible

Et me voilà berné par votre outrecuidance

Je n'ai plus qu'à me rendre hélas à l'évidence :

Vous êtes là, victorieuse et impassible.

Je pourrais vous nommer, mais ce n'est pas la peine,

Je vous connais, les présentations sont vaines.

 

Nous avions rendez-vous, paraît-il, c'est possible,

Je l'ignorais, je ne l'ai su que tout à l'heure,

Et n'ai reçu aucun message avant-coureur :

Je me croyais indifférent, voire insensible,

A votre charme, inattendu, charme invisible

A mes yeux qui n'ont plus la même compétence

Pour satisfaire mon insatiable appétance

D'un immense univers toujours inaccessible.

Et moi qui me croyais encore en quarantaine !

Pour vous capter, il m'eût fallu d'autres antennes.

 

Ne craignez point pourtant de me rendre irascible :

Il nous faut vivre ensemble, soyons beaux joueurs.

Faisons contre mauvaise importune bon coeur.

Que mon humour du moins demeure immarcescible.

Sans même avoir jugé si je suis admissible,

Vous venez m'imposer un nouveau pas de danse.

Laissez moi donc le temps d'en trouver la cadence,

De digérer la peine dont je suis passible.

Et moi qui vous croyais encore si lointaine !

Je me sens si petit ! je vous sens si hautaine !

 

Malgré ce sentiment d'orgueil incoercible ,

Oserai-je pousser le défi, l'impudence,

Jusqu'à penser que vous n'aurez pas d'incidence

Dans mon présent, de plus en plus inextensible.

Mon enfance pourtant vous est contemporaine :

POUR LA CINQUIEME FOIS, J' AI DIX ANS... QUELLE AUBAINE !

.....

 

POUR LA CINQUIEME FOIS !! ...Sauf que ma cinquantaine

A désormais dix ans elle aussi. Tout s'enchaîne

A la fin de l'envoi, il conviendrait en somme

Que j'y ajoute une autre strophe en post-scriptum

Et que tous les dix ans, j'en remette une couche.

Sans me prendre pour Cyrano, ni pour Rostand,

J ' ai aussi ma tirade... en pied de nez au temps

A la fin de l'envoi, souvenez-vous, je touche !

Et je touche dix ans d'un coup, ad libitum.

Dix ans, c'est rien, dix ans ! c' est pas la mer à boire ;

C'est l'infini filtré au fil de ma mémoire

C'est l'éphémère éternisé dans un album...

Dix ans, ça va sans dire,mais en le disant

Ca remet la pendule à l'heure du présent

Et si c'est en disant que l'on devient disert,

J'ai tout mon temps ! le temps n'est pas mon adversaire :

Il ne fait que passer, c 'est vrai. Grand bien lui fasse

Mais comme on passe à travers gouttes, moi je passe,

En funbambule d'une rime à l'autre rime,

A travers les saisons, assaisonné en prime,

D'un peu de poudre blanche dans ma chevelure...

Mes dix ans n'ont-ils pas, ainsi, plus fière allure ?

A la fin de l'envoi, je m'envole, tu vois,

Et c'est ainsi que j'ai dix ans, à chaque fois

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