Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

EPITRE

" IL FAUT QUE TU PERSEVERES"

dit l'éditeur au poète.

Et ces mots super sévères

qu'il prend au pied de la lettre

plutôt que d'être un repère

pour le poète s'avèrent

être plutôt un impair

Lui qui vit dans son repaire

du printemps jusqu'à l'hiver

comme un renard, une épeire

dans son unique univers

peuplé de vers ,solitaire,

et cependant solidaire

de ses soeurs et de ses frères

humains qu'il soude et fédère

à raison et à travers

ses nombreux textes divers

 

depuis le temps qu'il opère,

qu'il vénère et qu'il révère

grammaire et vocabulaire,

depuis le temps qu'il espère

qu'il envoie, vélléitaire

ses oeuvres aux éditeurs

poussé par ses auditeurs

Bien qu'il ne soit titulaire

d'aucun diplôme scolaire

d'aucune aide tutélaire

ni sponsor patibulaire

sans vouloir être prospère

ces excès d'écueil l'écoeurent

Il les connaît bien, ses vers,

comme il connaît bien ses pairs

L'éditeur n'est pas son père

non plus, et sur quels critères

quelles critiques arbitraires

intimes ou littéraires

appuie-t-il son commentaire

Que faudrait-il pour lui plaire ?

Peu lui importe, il préfère

continuer à sa manière

à manier son éventaire

son invendable inventaire

en disciple de Prévert

et tenter de satisfaire

spectateurs et auditeurs

plutôt que rares lecteurs

de l'éventuel éditeur

Après tout,sont-ils sincères

ces vilains mots qu'il insère

dans le recueil de l'auteur

retour à l'expéditeur.

IL FAUT QUE TU PERSEVERES !

c'est ce mot -là qui le perd

et qui le met en colère

qui l'énerve, l'exaspère.

Car enfin, s'il perd ses vers,

que lui reste-t-il à faire

il se retrouve sans vers

.et un poète sans vers

ce n'est pas mieux que sous verre

où on le met sous couvert

d'étudier son 'univers

En un mot , il perd ses rêves

en même temps que ses vers

c'est sa muse qui fait grève

sa chère égérie qui erre

erre à tort et à travers

Lui qui se croyait expert

le voilà qui désespère

Alors il fait une lettre

à cet éditeur, en vers,

une épître que peut-être

l'autre ne lira jamais.

Peu importe après tout, mais

C'est ainsi qu'il l'envoie paître !

...

et rentre, sans dieu ni maître,

dans son antre... et dans son être....

 

 

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