Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

LE VICE AMIRAL

Prenez un vice-amiral

Pourquoi pas tant qu'on y est un amiral tout court

En effet ne dit-on pas qu'il vaut mieux s'adresser au bon dieu

qui est assez sain paraît-il

plutôt qu'à ses saints

qu'à cet essaim de saints

dont les desseins succincts sont souvent des blancs seings sybillins

si vilains

qu'ils en sont assassins

comme il vaut mieux s'adresser au président

qu'à ses soeurs

Mais s'il peut exister un vice-président

comme un vice-amiral

un vice roi

un vice-consul

qu'on consulte à l'insu du consul

un viscère et vice versa

il n' y a jamais eu de vice dieu

ou alors c'est un vice caché

à ne pas confondre avec le viscache

qui est comme chacun sait voisin du chinchilla

ce qu'à dieu ne plaise dieu n'est pas

mais qu'est dieu ? que fait dieu ? où est dieu ?

dieu seul le sait !

Dieu y es-tu ? que fais- tu ?

Je mets ma genèse

je n'ai zamais eu de vice

je n'ai eu qu'un fils

du moins je le crois

comme d'autres l'ont cru...

S'y fier, le peut-on ?

Mais revenons à ses moutons

Ne dit-on pas précisément que dieu joue aux dés ?

Alors le dé roule, descend dans la foule ;

son dé, dieu le perd

comme il perd la boule.

Que reste-t-il de dieu sans son D ?

Il ne lui reste au mieux que son IEU pour pleurer

pour implorer

pour explorer

Et dieu cherche en tout lieu après ce D évadé,

ce D évidé,

ce dividende évident,

ce D sans IEU

Indécent...

Et dieu descend !

Tout le monde descend !

tout le monde descend tout le monde

surtout ceux qui n'ont d'yeux

que pour dieu.

Car, s'il n'existe pas de vice dieu,

et si le D de dieu se dévisse,

peut-être y a-t-il un vice -ieu

qui fait office de dieu

et officie officieusement

voire vicieusement

initiant les novices à ne voir en face d'eux

qu'offense à dieu

voire au fils de dieu

Que dieu sévisse !

et dieu sévit

dieu serre la vis

et de silencieux qu ' il était en ses cieux

se fait licencieux en ces saints lieux

voire dispendieux en ces milieux

qui sont à cent lieues, à mille lieues,

à cent mille lieues de lui

et de l'huis où il luit

Et tous les vice-ieu

qui cherchent le D de dieu

dans leur botte de sainfoin

dans leur mode

de tintouin

sévissent

et menacent de sévices

ceux qu'ils pensent moins vices qu'eux

moins qu'eux au service de dieu

Mais nous voilà bien loin de notre vice-amiral

Pourquoi pas tant qu'on y est un amiral tout court

amiral au long cours ?

Ce qui nous intéresse chez l'amiral

ce n'est pas le râle mais l'ami ;

le râle étant, c'est bien connu,

un échassier ;

et l'amiral, le plus souvent, un échalas.

Quant au vice,

non pas le vice de forme

mais le vice d'uniforme,

le vice de grade vide de grâce,

ne croyez pas qu'il vise à disparaître

mais il finit, quand il divise, par être

lui-même amiral

ayant été sans doute jugé

admirable

il devient en quelque sorte

partie intégrante

la fonction crée l'orgueil

et le vice est inclus.

D'ailleurs on peut voir que la hiérarchie

et le mimétisme

sévissent

puisque l'amiral

et le général

et le caporal

TOUTE LA TROUPE RALE

 Ce qui montre bien qu'ils sont mal en point

mal embouchés

mal embauchés

Alors il faut choisir :

Soit rester vice-amiral

et l'ami disparaît

pris à jamais en sandwich entre le vice et le râle

soit devenir ami

ami tout court

ami viscéral

ce qui n'aura plus rien à voir

L'amitié serait plutôt une vertu

et l'on n'a jamais vu de vertu

AMIRAL

Copyright "Yves Le Car", tous droits réservés