Poesies et Contes par Yves Le Car

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MARS

Je vais parler de moi(s) puisque nous sommes en mars. En marche. Vers le Printemps. Le prince du Temps. Le prince dûment et assidûment attendu. Nous allons parler de Mars puisqu'il s'agit d'un mois. En plus, de mon mois à moi. Enfin, à moi, il n' y a pas que moi de ce mois. Mais le fait d'être de ce mois me fait l'évoquer avec plus d'émoi.

Les mois sont douze. 12 frères. 12 frères qui, bon an mal an, font la ronde autour du monde, certains sur leur 31, d'autres même pas. 12 frères, comme douze apôtres, comme les douze travaux d'Hercule, ou d'Alexandre. Puisque l'alexandrin a douze pieds lui aussi. C'est moins qu'un mille- pattes mais c'est bien suffisant. Quoiqu'un treizième... Un treizième mois, ce ne serait pas mal non plus. Mais où le mettre ? Dans la poche, oui, mais je veux dire, le calendrier est plein. Où rajouter un treizième mois ? Le temps fait ses coups en douce. En douze. Douze mois. Comme les douze coups de minuit. Ou de midi.

De midi...net ! midi, c’est l’heure de la dinette ; pour certains de l’anisette, pour d’autres de la disette ; chacun voit midi à sa porte...

Les mois sont douze. Les moissons douces. Comme les poissons rouges. Enfin pas tous. Les petits... les petits pois... sont verts. Verts ? N'est-ce pas la couleur des martiens, paraît-il ? alors qu'on appelle Mars la planète rouge. Vert et rouge sont les couleurs du printemps, c'est normal : Que pensez-vous donc que ce soit que la couleur des arbres depuis huit jours ? Du vert ? Point du tout, c'est du rouge. Ce sont de petits boutons, tout prêts à partir, qui font un vrai rouge. Puis ils poussent tous une petite feuille, et comme c'est inégalement, cela fait un mélange trop joli de vert et de rouge."

D'où les petits bonhommes verts sur la planète rouge. Quoique pour la planète rouge, pas besoin d'aller si loin. Si les Martiens ne sont pas encore chez nous, les martiaux, eux, avec leur mars...eillaise, leurs mars... ou crêve, leurs mars...ands d’armes,n'en sont jamais partis, qui, après avoir saccagé tous les coins et recoins de notre bonne vieille terre, voudraient bien s'attaquer, le mot n'est pas trop fort, à d'autres terres, d'autres sphères, d'autres planètes, d'autres conquêtes en perspective, l'infini nous offrant tant de champs d'investigation, tant de champs de bataille où semer quelque engrais humain, profitons en : marsons, marsons ; marchons,partons, par monts... et par veaux, marsons boeufs par boeufs.. Suivez le boeuf comme on dit, si ce n'est pas taureau vous demander.

En avant Mars !

Mars ferme le cortège du père Hiver, lève le voile sur le fils Printemps, Prince du Temps. PRINTEMPS PRIME TIME PRIMEVERE Prémice de promesses provision de tendresse prévision de temps de reste O Temps surprends nos vols nos volontés nos voltiges nos Voltaire Qu’un vol de vent nouveau naisse et nous reconnaisse une pensée nouvelle. Mars... et ça repart, et ça répare...ET ça respire !

 

Les technologies modernes, qu'on pourrait appeler onanotechnologies, nous permettent l'accès au meilleur comme au pire, aux ailleurs comme empire, et le pire étant plus facile à atteindre, à quoi bon se fatiguer ? A quoi bon réfléchir ? Seuls les miroirs réfléchissent, pas les miradors. Or, les miradors, matadors, toréadors, campéadors, thanatosaures,tyrannosaures, matamores... adorent. Pas un pour relever l'autre ; la finance mène le monde, et la pompe à phynance est activée par les marchands : d'armes, d'âmes, de drames, de trames, de trônes, de drônes, de drôles, de clones, de morts. Ce que l'émir adore, l'émir amasse.

Mais revenons à Mars . Et revenons sur terre.

Mars ne porte pas bien son nom. Mais s'il en portait un autre, personne ne le reconnaîtrait. Mars n'est pas martial pour un sou, ni pour un sioux , ni pour personne. Il est là pour faire le printemps. Pas pour faire la guerre. Il est là pour faire le printemps, puisqu'une hirondelle ne le fait pas. Oh ! il ne faut pas lui en vouloir, elle ne fait pas l'hiver non plus. Elle ne fait rien. Rien de spécial. Elle se contente d'être hirondelle. Tout le monde peut pas en dire autant. Avec ses petites ailes d'hirondelle. Son petit zèle, son petit vol,sa petite vie d’hirondelle dans son habit d'hirondelle. Son habit, d'ailleurs, qui ne fait pas le moine. Non, l'habit ne fait pas le moine, mais le moine peut se faire... de la bile. A cause de l'antimoine, qu'il prend pour un anticlérical. Un antique héritage, authentique ermitage. Alors que fait le moine dans son habit de bure ? Dans son abus de beer ? Paraît qu'il ne fait pas son âge. Il ne fait pas un autre âge non plus. Il n' a pas d'âge tout simplement. Pas même l'âge de raison. Il n'a pas d'âge. Il n'a pas le temps. Pas même un temps de saison. Pas plus d'hiver que de printemps. comme quoi un moine non plus ne fait pas le printemps. Personne ne fait le printemps. Personne, à lui tout seul, ne peut faire le printemps. Mais... un sourire, oui.

Encore faudrait-il savoir de quel printemps il s’agit. Et sous quel prétexte on s'agite ? A quel printemps prétend-on ? A quelle prétentaine ? Le printemps s'assagit- il quand le temps se fait plus clément ? Le printemps des indignés et celui des résignés ne sont pas les mêmes. Les résignés sont peut-être de la nature du raisin, que l'on presse, compresse, comprime, opprime, déprime.Les indignés sont peut-être de la nature des Indiens ; indien vaut mieux que deux scélérats. Tous les Indiens du monde devraient se donner la main, se donner l'Humain, pour marcher ensemble, vers un même printemps. Tous les Indiens. Tous les Indignés.

 

Et Mars ? "Mars qui rit malgré les averses, nous prépare, en secret, le printemps." écrivait mon ami Théophile Gautier, qui ne mena jamais d'autre bataille que celle d'Hernani. Mars qui rit malgré les adverses, malgré les inverses, les revers, les pervers, les perversions, les réversions, les prétentions, les conventions, les conversations et les malversations, nous répare, en sacré, le Printemps. LE PRINCE DU TEMPS. Le prince dûment, assidûment attendu. "Au Printemps de quoi rêvais-tu ?Me demande , du fin fond de sa terre d’ Ardèche, notre ami Jean Ferrat , qui rêvait comme nous tous, d’un Printemps ininterrompu . Et d'autres viennent nous dire, méfiants oiseaux de mauvais augure, qu'une hirondelle ne fait pas le printemps. Une peut-être, "mais deux, mais dix, mais cent/ Ca c'est intéressant" murmure, derrière moi, Guy Béart, chevauchant son hirondelle à six cordes. Comme pour apporter sa petite grive, sa petite griffe, et filer ma métaphore. Mais de quelle hirondelle s'agit-il ? de quelles hirondelles ? Où iront-elles ? Où iront-elles, toutes ces hirondelles, sinon vers le Printemps. Le Printemps qui, décidément, n'en fait qu’ à sa tête, et qu’ à sa fête, et qu ’à son coeur.

Et qui fera le printemps, si ce ne sont pas les hirondelles ? Qui ? Les poètes !

Le printemps des poètes !

Le printemps est poète !

A VOS MARS !!! PRET ! PARTONS !

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