Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

A FERRAT

Le poète a quitté la terre pas l’Ardèche

Il dort à tout jamais sous quelques mottes fraîches

Et l’on n’a pas fini d’entendre dans le vent

Les mille échos de sa voix qui n’était qu’un cri

Un cri d’amour pour les petits et les proscrits

Indélébile don aux derniers survivants

M'en voudrez vous beaucoup si j'emprunte ses mots

Pour lui rendre aujourd'hui l'hommage mérité ?

L'Ardèche et sa banlieue ce soir ont le coeur gros :

Ils étaient des milliers sur la place, à chanter

Pour ne pas qu'il se débine

En sourdine.

 

IL QUITTE A JAMAIS LE PAYS

Qu'autrefois il avait choisi

Loin du bruit et de la fureur.

Combien de gens ont dû rêver

D'aller là bas le retrouver

Passer avec lui quelques heures.

Le monde, on est tous prêt à le refaire,

Il suffirait d'agir en frères

C'est simple comme une chanson.

C'est tous ensemble qu'on invente

Main dans la main, à l'unisson

 Les fameux lendemains qui chantent

 

J'entends la montagne qui bêle

Comment ne pas imaginer

En voyant un vol d'hirondelle

Ce monde dont il a rêvé

Le poète a quitté la vie pas les vivants

C’est à eux, c’est à nous donc, que dorénavant,

Alors que ses chansons d’espoir et de révolte

Comme des étendards claquent à nos oreilles,

Revient le rôle de bâtir sous le soleil

Ce jardin dont les fruits un beau jour se récoltent
 

Avec les mains grandes ouvertes

Au genre humain toujours offertes

Le poète était de ceux là

Qui lorsqu'ils ne les ouvrent point

Cachent leur coeur au creux du poing

Sans détour et sans tralala.

Nos vies, on est paysans , prolétaires,

Il n'est pas question de se taire

Même en un combat inégal

Il faut savoir ce que l'on vaut

Et monter sur nos grands chevaux

Face aux injustices sociales

 

J'entends la montagne qui bêle

Comment ne pas imaginer

En voyant un vol d'hirondelle

Qu'un beau jour nous aurons gagné

 

Le poète a toujours raison

Qui à travers mille chansons

A défendu les travailleurs.

Qu'importent les jours, les années

Restons dignes de nos aînés :

Fabriquons un monde meilleur.

Demain, nos enfants seront fiers

Lorsqu'ils fermeront nos paupières

Et si vous voulez mon avis,

Ils continueront à leur tour

Dans la Révolte et dans l' Amour

A chanter "Que c'est beau la vie !"

 

J'entends la montagne qui bêle

Demain chacun reconnaîtra

En voyant un vol d'hirondelle

La moustache de Jean FERRAT

 

 

 

De plaines en forêts, de vallons en collines,

La bise tout à coup s'est faite plus câline,

Quelque chose a changé aujourd'hui sur la place :

Sur la place publique une espèce de flamme

A fait naître une forêt d'hommes et de femmes

Dans une universelle et fraternelle classe.<
 

Le poète a quitté le monde. Peu importe !

Les mots qu'il a laissés ne sont pas lettre morte

Et même la montagne au-delà d'Aubenas

Ne peut pas s'empêcher, quand le vent les appelle,

De les faire passer dans un vol d'hirondelle.

Il n'est pas de frontières pour ces choses là.

 

LA CLOCHE QU'ON ENTEND NE SONNE PAS LE GLAS.

C'est comme un diapason qui nous donne le LA

Pour que le peuple à l'unisson sur cette place,

Derrière Francesca et la belle Isabelle,

Chante en n'oubliant pas que la montagne est belle

Qu'un seul refrain lui donne une éternelle grâce.

 

LE POETE EST PARTI POUR L' ULTIME SAISON

Mais ce qu'il a laissé, dessous le paillasson,

C’est une clé de SOL... DE SOLIDARITE

ET SANS AVOIR JAMAIS GUERI DE SON ENFANCE

LE POETE EST PARTI AU PAYS DU SILENCE

EN NOUS LAISSANT L' ECHO D' UN CRI DE LIBERTE

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