Poesies et Contes par Yves Le Car

livres de poesies

ENFANCES

Pour tous les p'tits princes

Tous les p'tits poucets

Trop gros ou trop minces

Ou trop pas assez

Les p'tits qu'on évince

A peine lancés

qu'on pousse ou qu'on pince

sans même penser

qu''un bouc émissaire

en bouquet final

en guis'de dessert

s'offre un gardénal

 

Pour tous les p'tits Chose

Toutes les Cosette

Qui ont une overdose

De chos'dans la tête

Pour le basané

qu'on met à l'index

depuis des années

sans autre prétexte

pour le différent

qu'on montre du doigt

parc'que ses parents

font je ne sais quoi

Pour poil de carotte

pendu à douze ans

Le rôl'de marotte

est trop déplaisant

 

Pour tous les gamins

des cités dortoirs

qui n'ont en chemin

que la peur du noir

Pour les chap'rons rouges

d'un monde pervers

pour l'eau à la bouche

qu'on boit de travers

quand l'ogre n'est pas

seul'ment dans les contes

quand à chaque pas

on craint les rencontres

 

Des portes qui claquent

DES CLAQUES QUI PORTENT

Des trocs et du crack

Que le diable apporte

Des trucs qui le marquent

Des marques qui s'incrustent

Le plaquent et le parquent

le comblent ou le frustrent

Enfants qu'on détraque

Dans les corridors

D'une époque opaque

Où le mirador

Est dans la caboche

De tout un chacun

Le moindre Gavroche

Est fiché :"Vaurien"

 

Pour tous les p'tits mômes

Pour tous les grands Meaulnes

Qui cherch’leur royaume

Chez le roi des Aulnes

Ceux qui ont pas de trône

Pas de voûte d’or

Juste un toit de chaume

ou un corridor

des parents qui chaument

des parents qui manquent

des parents qui banquent

des parents qui planquent

des parents qui flanquent

Ceux qui font la manche

Ceux qui font le mur

Ceux qui ont des gueul' d'ange

Et qui jouent les durs

Parc'qu'ils sav'pas jouer

Parc'qu'ils ne sav'plus

Qu'en dehors du fouet

Y a d'autres saluts

Parc'qu'ils n' ont pas l'temps

D'être des battants

Mais qu'ils ne veul'plus

Etre des battus

 

Ceux qui ont pas de trop

OU QUI ONT TROP DE PAS

Qui ont plus de nitro

Que de vrais repas

Ceux qui ont jamais vu

La mer...ni le père

Ceux qui ont jamais eu

Le moindre repère

Ceux qui sont fichus

Sitôt que fichés

Ceux qui sont déchus

jamais repêchés

 

Ceux qui n'ont d'Enfance

Que dans la défonce

Ceux dont la démence

Reste sans réponse

et sans démesure

ceux dont la masure

est tout l'univers

été comme hiver

ceux dont l'avenir

joue à cache cache

entre deux délires

ça passe ou ça tache

 

Pour tous les p'tits princ'

d'une autre planète

d'une autre province

dans un monde honnête

tous les p'tits poucets

d'un' forêt magique

où l'on fait pousser

DU REVE EN MUSIQUE

DES ECLATS DE RIRE

A L' ECART DU PIRE

ET POUR QUE L ' ENFANT

NE SOIT PLUS L ' ENJEU

D ' UN MONDE OU L' ARGENT

SEUL MENE LE JEU

ET POUR QUE L' ENFANCE

SOIT UN PARADIS

FLEURI D'INNOCENCE

ET DE POESIE

ET DE POESIE

ET DE POESIE.....

 

 

 

 

 

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